Selon la Foi, la ‘Clarification’ efface la ‘Notification’

 

En introduction, précisons qu’il existe différentes formes de foi en Dieu, plus ou moins approchée de la Foi catholique, dont certaines sont même à un niveau plus ou moins élevé d’incompatibilité1 avec celle-ci, bien que le Concile Vatican II rappelle que même celles-là restent, en général, ‘Semences du Verbe’ 2.  Or, ce qui suit ne peut être bien lu qu’à la lumière d’un acte de foi catholique authentique,  simple et clair, tel que l’énonce le Pape : “La foi demande un acte ultime de l’intelligence” 3. Qui relève donc, non pas, par exemple, d’intuitions, d’appréhensions, voire même de certitudes, mais de l’un des actes premiers de l’intelligence, celui qui établit en chaque homme la distinction fondamentale entre son corps et son esprit, le jugement de foi.

 

En 1995, une Notification, publiée sans signature dans un journal du Vatican, sans acte correspondant préalable connu d’un Dicastère romain, et sans que Madame Vassula Ryden ait été entendue4, demandait  aux fidèles catholiques de s’éloigner de la personne de Mme Ryden et plaçait sous suspicion certains aspects de sa doctrine.

Or, lorsque quelque chose émane de Rome, l’enseignement du magistère précise qu’il faut savoir en distinguer trois niveaux : [1°] ce qui relève d’un enseignement ordinaire, qui demande un assentiment religieux immédiat, mais qui autorise à poser toutes les questions destinées à aider les personnes du Magistère à accomplir la tâche qui leur est confiée. [2°] Ce qui relève d’un enseignement définitif, parce qu’il a été répété plusieurs fois ; à cela, il faut donner un assentiment définitif, sans plus de discussions. Et [3°] ce qui relève du dogme qui élucide une caractéristique essentiel de la foi.

Après le Notification de 1995, s’est produit donc ce qui devait se produire : Mme Ryden s’est mise à disposition de l’organisme compétent à Rome pour répondre aux questions nécessaires, afin d’aider le Magistère dans son travail. A la suite de quoi, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a consulté l’ensemble des Évêques du monde entier sur le sujet. Puis une 3ème étape a eu lieu, une réponse spécifique de ce même Préfet à un petit nombre d’épiscopats, touchant des questions particulières.

 

Alors est intervenu,  en 2004, la ‘Clarification’,  dans laquelle le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi reconnaît l’existence des groupes de prière de Madame Ryden, et donc de la spiritualité qui est la leur, fondée précisément sur les ‘Messages’, et les confie, comme tout fidèle du Christ, à la vigilance des Évêques.

Par ce simple fait, la ‘Notification’ n’est donc pas confirmée mais absolument infirmée, aussi bien quant à l’attitude à tenir par rapport à Madame Ryden, que quant aux caractéristiques doctrinales de ses écrits.  Du fait que la Notification est contredite par un premier acte du Magistère qui en remplit cette foi les caractéristiques, elle devient absolument nulle et c’est au jugement de 2004 que les fidèles du Christ doivent aujourd’hui un assentiment religieux, en respectant selon l’usage, l’enseignement ordinaire de l’Eglise.

 

Pour conclure,  on ne peut pas ne pas rappeler à cette occasion aux fidèles du Christ que, faute de tomber dans l’hérésie ultramontaine, chacun est appelé à la vigilance de la foi face à tout acte ordinaire émanant du Collège épiscopal, successeur du Collège des Apôtres. Car même, au sein de celui-ci, pourtant choisi par Dieu en personne, il s’est trouvé un Judas et c’est par là que le Christ a pu être tué par l’homme. Et au moment de la Croix, seul est resté fidèle, Jean. Il est donc interdit par l’Eglise elle-même de ne se satisfaire dans sa foi que de la seule obéissance matérielle à tout acte émanant des autorités ecclésiales légitimes. La Foi catholique n’est pas intuitions ou certitudes, mais obéissance à une Personne, par le moyen de l’Eglise5.

 

 

22 novembre 2006

 

 

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 1 Encyclique ‘Fides et Ratio’, no 50.
 2 Concile Vatican II, ‘Ad Gentes’, no 11.
 3 Encyclique ‘Fides et Ratio’, no 13.
 4 Pourtant l’usage de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avant d’émettre une position sur un auteur théologique public, demande toujours à l’entendre, ce qui n’est que l’expression du simple bon sens humain.
 5 Jn 4, 34